Une équipe de
suivi de scolarité a eu lieu concernant l'Infante, qui y était conviée, ainsi que moi même.
Il ressort (entre autres !) que l'expression écrite et la compréhension sont un sacré problème et que dans certaines matières, le fossé va se creuser très vite. Le boulot d'adaptation
de ce fait deviendra hénaurme et son bénéf, pas évident. Genre tonneau des Danaïdes, quoi.
Et si justement c'est parce que l'adaptation était trop superficielle que le bénef était peu évident ?
Vaste débat, que je n'ai pas pris la peine d'entamer. Ces gens sont pragmatiques, et veulent sans doute des preuves, j'ai donc du boulot pour longtemps.
Ce week end il lui fallait lire un texte tiré des métamorphoses d'Ovide : Deucalion et
Pyrrha. Elle devait souligner les mots qu'elle ne connaissait pas. Evidement, elle a souligné la quantité incroyable de noms propres inscrits dans ce texte (oui, parce que figurez vous que
Deucalion est fils du Titan (expliquer) Prométhé et de Pronoia et qu'il est marié à Pyrrah elle même fille du Titan Epiméthée et de Pandore, que Zeus ayant voulu que les hommes
disparaissent engloutis car leur méchanceté était trop grande, ces rescapés allèrent voir Thémis et que tout ceci se passe en Phocide, entre Attique et Boétie et très précisément sur le
mont Parnasse (faire une carte agrandie) -On voit que les soirées étaient longues à Rome au siècle 1er et
que les conteurs ne lésinaient pas sur la descendance et l'ascendance de leurs héros pour faire passer les heures.
J'ai lu 3 fois le texte pour en saisir la substantifique
moëlle, que j'ai résumé en :
- supprimant les détails "inutiles" pour La Petite Fille
- enlevant tous les noms propres du texte et ne laissant que les deux principaux
- passant outre les questionnements et suppositions naïves de nos deux héros
- allant rapidement à la conclusion
- précisant que c'était un mythe, donc une histoire qui n'a jamais existé mais qui constitue une des nombreuses croyances du peuple latin.
Et allez donc expliquer pourquoi un peuple croit en des choses qui n'existent pas et se base sur des actiosn
incompréhensibles et inventées pour expliquer son histoire. Moi j'ai renoncé.
Le texte ainsi transformé était plus compréhensible, même s'il reste, je pense, inenvisageable pour
ma fille de jeter des cailloux derrière soi pour fonder une nouvelle race d'homme (et entre nous, fort heureusement), ou bien d'attendre la réponse (audible
s'entend) à un prière adressée à quelqu'un qui n'existe pas.
Restaient, comme mots soulignés : "ému" et "stupéfaits", enfin du concret à expliquer. (Quoique ).
Je peux donc
mesurer que oui, long iz ze road encore, et qu'elle va devenir de plus en plus difficile...
Comme le souligne le directeur du collège, on revient de loin, mais le pire a été évité. Si le collège connaissait ce handicap, il n'en connaissait pas forcément les expressions, ni la
palette de comportements que l'Infante Offensée a mis rapidement en action, ni les routines bizarres soigneusement mises au point.
Tout ceci a profondément tourmenté l'ensemble du corps enseignant et du personnel.
D'après mon dicco , tourmenter a 22 synonymes : agiter, angoisser, assaillir, brimer, brutaliser, chicaner, désespérer, désoler, hanter, harceler, importuner, obséder,
oppresser, persécuter, préoccupper, tanner, tarabuster, tarauder, tenailler, tirailler, torturer, turlupiner.
Ils ont oublié irriter impatienter, inquiéter, retarder, énerver, horripiler.
Ceci étant, La petite fille passe en 5ème, et avec le sourire.
Assurément, passée la phase de tourmentage, bien légitime, que cette longue adaptation a nécessité, ils passeront aux phases étonnement et intérêt.
dites moi !