Pour répondre à Fredinstit, ok, la réalité sociale est parfois très dure pour certains, mais la violence n'est pas que un effet de l'exclusion, un refus du système ou autres discours bien pensants. ... Il faut aussi savoir lui dire non quelquefois, et l'éducation, la scolarisation font partie de ce refus (moins on dispose de mots, plus notre vision des choses est basique et sommaire, et donc plus les rapports qu'on entretient le sont itou).
Mais bref Ze question iz, et sans vouloir vous offenser, Fredinstit : pourquoi est ce qu'à chaque fois que je parle de handicap dans le milieu scolaire, on me répond exclusion, réalité sociale et autres perles à enfiler ?
Le handicap n'est pas la conséquence d'une réalité sociale, le handicap arrive un jour dans une famille, et même si on veut lui dire non, il s'insinue dans toutes les zones de cette famille jusque aux plus intimes. L'exlusion, les difficultés sociales (ect) sont des problèmes de société qu'il convient de traiter, de façon spécifique, (et je n'ai pas les solutions), et respectueuse, mais ce ne sont pas les mêmes.
Je m'emballe je m'emballe Fredinstit, mais avouez que l'amalgame n'est pas bon : on mélange tout, et on n'est pas précis dans les réponses...
Noé de Finlande m'envoie un lien, great great great, Gilles Apap, un des plus hauts au sommet de mon panthéon perso (il y en a pas mal...) http://www.youtube.com/watch?v=wFSIQwn5HvQ&mode=related&search= cette ballade irlandaise est magnifique et émouvante, et son jeu de doigt fantastique. Je l'ai déjà entendu, mais jouée par plusieurs violons... Apap les fait tous...
Noé nos filles se verront elles un jour ? Et nous?... On fait tellement de choses. Il me semble que tu réussis tellement mieux. Et que tout est tellement plus simple en Finlande quand on a une gamine autiste, tout va tellement plus de soi, que ce soit à 2, à 10 à 20 ou à 40 ans... Voui, même adultes, les autistes ont leur place là bas. En France, on en est encore à leur chercher un petit placard où les fourrer APRES... une fois que les parents sont pompés de toute énergie, et la fratrie aussi.
Ah Noé ne reviens jamais en France.
Le corps enseignant est très agacé par le modèle finlandais. J'évite, même moi, d'en parler depuis qu'un instit m'a cloué le bec en m'affirmant que si les enseignants finlandais étaient différents, les parents d'élèves finlandais aussi... Certes certes.. Vacances, ne pas penser à l'école.
Ah Noé, si ça se trouve.. . la déception lorsqu'on se croisera... Je pense souvent à ces petites communeautés virtuelles qu'on forme, la force qu'elles nous donnent, la fragilité qu'elles ont réellement. Car après tout, ça n'est qu'un lien virtuel, c'est à dire sans effet réel ( en principe). Il se trouve que sans ce lien virtuel, je ne serais pas ce que je suis, je ne saurais pas ce que je sais, je ne ferai spas ce que je fais. Et pourtant, la plupart sont des personnes que je ne verrais jamais, nous le savons, nous en plaisantons. Comment expliquer leur efficacité ? Tout simplement par le fait que ce lien intangible m'a soutenue, et me soutient encore, et me soutiendra longtemps je l'espère. Pourquoi mes véritables liens , concrets, physiquement présents, à mes côtés où à portée de téléphone, je veux parler des amis, de ma famille, de Népoux, n'ont ils pas fonctionné à ce moment, n'ont pas joué leur rôle ? Probablement de ma faute, je n'ai pas su les activer. Suis pas douée pour dire "arrêtez vous regardez moi ça va mal". D'autant que je n'allais pas mal, j'avais juste besoin à certains moments de 8 cerveaux, 4 assistants , 4 nounous et surtout, surtout, personne en travers de mon chemin. Ceux qui ne se sont pas poussées à temps n'ont même pas été aspirés ... je ne les ai tout simplement pas vus, ni entendus.
C'est John Lennon qui a écrit "la vie, c'est ce qui vous arrive pendant que vous êtes occupés à échaffauder d'autres projets ".
Et c'est la phrase qui me vient à l'esprit quand je passe des heures à préparer des "choses" pour La Petite Fille.
La vie passe, je prendrais bien le train en marche, j'ai des envies en piles, comme des assiettes dans un placard, une liste de CHOZAFAIR en urgence, une autre pour les CHOZAFAIR non urgentes, et je fais des trucs sur l'autisme jusqu'à pas d'heure.
Programme du jour avec La petite Fille : aller dans des magasins pour compter les hauts parleurs - prendre le bus et le métro pour aller dans 3 magasins vendeurs de toupies - se promener en ville et à l'ombre (aucun repère à la campagne et au soleil) - prendre la voiture pour dire les panneaux, rire au bruit du frein à main et se questionner sur les façons de se garer : en parallèle, en perpendiculaire ou en épis - regarder les bouches d'égout pour voir si ce sont des hexas, octo, dodéca ou heptagones - et enfin plaisir suprême : essayer d'apercevoir des portes de garages éléctriques pour voir combien de temps ça met à s'ouvrir et se refermer - Plaisirs très très solitaires car aujourd'hui, pour moi, le coeur n'y était pas. On n'est pas des parents différents extraordinaires tous les jours...
Journée passée chez une copine qui a un enfant trisomique. Il est le modèle à découper de ce que la petite fille n'est pas. Elle est son reflet exactement inverse. Fatalement le ciment n'a pas pris, la petite fille a soigneusement ignoré les tentatives d'approches brouillones , câlines et sympa pour se concentrer sur la diction imparfaite du petit garçon, et ses jeux électroniques. Il est câlin : elle ne les aime pas. Il est joueur : elle ne sait pas. Il est turbulent : elle est trop calme. Il sait faire en société, elle ne sait absolument pas. Il parle un brouillon aprroximatif de mot : elle a un langage précis et dégraissé. Il aime jouer à la playstation : elle ne s'intéresse qu'au fonctionnement des objets. Und so weiter... Notre solide sens de l'humour à toutes les deux nous permet de ne pas buter sur nos enfants si différents.
Promenade au pas de course avec Lechien : J'ai rencontré un éducateur canin type baroudeur qui a trouvé Lechien fort sympa, vif et intelligente, et m'a donné plein de conseils (que je connaissais). Son type d'intervention sur les chiens, genre bourré de testostéronne me déplait, mais il est efficace : Lechien rampait au son de sa voix d' adjudant chef.
Il paraît que c'est les vacances. Et si je me reposais ...
Pourquoi "regarder le soleil "? Parce que petite, Elle regardait le soleil, rien ne pouvait l'en empêcher. Un ophtalmo l'avait surnommée La Petite Fille qui Voulait regarder le Soleil. Curieux, et douloureux, pour une photophobe. MAIS... la petite fille était autiste. Elle l'est toujours.
Je blogue je blogue, comme dit l'autre, mais pas tant que ça. Je fais un blog. Ne pas me demander pourquoi. Mais pas dupe, la guêpe : après tout, je ne dirais que le lisible, c'est à dire un petit morceau de moa.
(C'est le 1er avril, j'ai pas de poisson dans le dos, je me retourne, je vérifie).
Question du jour : qui a écrit : "la vie, c'est ce qui vous arrive pendant que vous êtes occupés à échaffauder d'autres projets ?" réponse demain. J'ai pour l'heure des projets à échaffauder, genre qui suis je, ou vais je, qu'est ce qu'on mange ce soir.
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