Jeudi 1 janvier 2009
- Par Valérie

 


Ma collègue Natahalie, qui  n'est pas du genre   "bas de plafond",   a pourtant une nouvelle fois  cédé à une  sirène de sexe masculin dont l'une des 2 idées phare l'a éblouie.  
Deux idées   genre "philosophie de vie", sur lesquelles je n'ai pas pu m’empêcher de lui donner mon avis de chieuse.
La première  idée :  "on ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les pieds", le plus énervant cliché  de tous les temps.
Antoine de Saint  aurait du réfléchir avant de publier ça, alors que LA belle idée de son bouquin, c'est  que "c'est le temps que tu passes auprès de ta rose qui rend ta rose si importante).
La 2ème  : « tout ce qui ne te tue pas te rend plus fort ». C'est beau, hein ? ...  Sauf que  c’est faux.
ça semblerait dire  qu’on peut toujours se sortir des difficultés les plus terribles.  Sauf que non, ça ne marche pas, la souffrance n'est pas un vaccin.  
C'est juste une phrase  à dire dans n’importe quelle circonstance plus ou moins difficile tout en donnant une  image positive, ça console à défaut de guérir,  c'est juste un urgo.
Plus on s’en prend dans la figure,  plus on se fêle,  même si  ces mots veulent nous faire croire que ça nous fortifie.
La douleur s’accumule, c’est notre seuil de tolérance qui s'élève, pas notre courage.

Bravo à ceux qui ont bien noté que l'essentiel était invisible pour les yeux, et non pas pour  les pieds.
Mes excuses si j'ai maltraité le moral de certains.  
En 2009,  à la demande de ma collègue Nathalie, je redeviens drôle.

Et je pense très fort à Nicolas, 15 ans, dans le coma depuis 15 jours, à sa maman et son papa   (mes amis),  à ses frères et soeurs (les copains de mes filles).


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Dimanche 28 décembre 2008
- Par Valérie

Dialogue avec l'Outlaw :
- "Maman, prête moi ton ordi ya un truc super urgent qui s'est passé et je veux  connaître la suite"
- "C'est grave ?"
- "Ben oui : quelqu'un a écrit sur le mur d'Augustin, c'est pas moi ni Pauline mais on dit que c'est nous".
- "J''espère bien que c'est pas toi, dégrader des lieux publics, tu sais, ça peut aller très loin !"
- "mais non maman, tu peux pas comprendre... "

- "comment ça je ne peux pas comprendre ? Et puis accuser quelqu'un à tord , c'est aussi puni par la loi, il est où ce mur ?"
- "mais non maman, c'est bon, il n'existe pas... ".
- "comment ça il n'existe pas ?..."
- "oui, c'est dans face book maman,  un mur c'est pour permettre aux amis de l'utilisateur de laisser de petits messages auxquels l'utilisateur peut répondre".


Quelque chose est là et je reste à l’écart, impossible de m'y faire... Je m'étonnais de ceux qui paniquaient devant un  mulot  et maintenant c’est mon tour. Hé hé... Un revers de Djeunz...
Tant pis, chuis la plus forte, l'ordi était à moi.
L'Outlaw m'a menacée de m'inscrire sur un chat senior...
Je déteste les chats ado, c'est tout simplement incompréhensible. Pour eux, conversation =  capacité de caser le maximum d’expressions toutes faites dans une seule phrase + exclusion de mots de plus de 3 syllabes + smiley à la tonne. Ils sont de ce fait et  selon moi  à l'abri  des adultes sans même utiliser un langage spécial.

Hier, la Petite fille a demandé à sa soeur la traduction de ce qu'elle disait, à savoir :
"c'est trop la louz le prof a fait ça à la ouaneugain c'est trop pas cool pff c'est nimp c'qui fait s'suis trop blasée j'ai rien compris"
 L'Outlaw a fait une tentative d'exposé linguistique bouleversant mais un peu long pour La petite Fille,  à qui j'ai simplement traduit que sa soeur avait du mal à suivre le cour de mathématique parce que son professeur  allait vite.
Il y avait le langage simple, le langage soutenu, le langage familier, je rajoute une colonne pour les autistes : le langage jeune, très utile aux  autistes dans la cour de récré, ou  ma Fille doit passer des moments complètement surréalistes.
  J'espère que l'AVS a un diplôme de traducteur en poche.



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Jeudi 11 décembre 2008
- Par Valérie

Depuis que j'adapte absolument tout pour ma fille autiste et déficiente visuelle, je suis (je devance même), de  très très très près  les programmes de son niveau de classe.
Etant donné que pour mes filles aînées je n'avais pas regardé ça de trop près, j'étais donc restée à l'ère précambrien.
En CM2/CM1, je trouvais déjà qu' "ils" auraient pu se dispenser de changer les appellation grammaticales, question de commodité pour nous, parents (qu'un pronom possessif devienne adjectif possessif a du en faire loucher plus d'un).
Mais alors en 6ème....
J'ai appris en début d'année que pour comprendre un texte narratif (un simple récit, pour moi et ceux du  précambrien), je disposais d'une aide précieuse : LE schéma narratif.
Fort bien.
Ce week end, j'apprends qu'il existe un autre outil d'aide, encore mieux, et qui s'appelle un schéma actanciel. 
Allons bon.
Je fais une petite recherche perso car j'ai un peu de mal à saisir le cours.   
Et là, je me dis que quelque chose ne tourne pas rond dans la tête de nos crâne d'oeuf...


Le schéma actanciel énumère l'ensemble des "actants" (les personnages pour ceux du précambriens)  : un personnage poursuit la quête d'un objet, commanditée par un destinateur [sic] ;   ce(ux) qui l'aident sont des adjuvants [re sic], ce(ux) qui l'entravent sont des opposants. La quête est  à destination d'un destinataire [re re sic] ; Les personnages qui tirent profit de la quête sont les bénéficiaires.


Pour commencer, je suggère aux responsables des programmes d'appeler les bénéficiaires des bénéficieurs, ça fait bien, et vu qu'on a  déjà des destinateurs, ça ne choquera personne à part moi.
ENSUITE JE SUGGERE AUX ACTANTS DES PROGRAMMES DE SE FAIRE ADJUVER.
Pour finir je leur propose d'oublier la sémantique structurale et de penser :
- au plaisir de lire, de comprendre et de s'intéresser,  pour les têtes blondes
neurotypiques.
- à la difficulté de comprendre, de s'intéresser et au plaisir d'apprendre,  pour les têtes blondes neuro atypiques.

Je pensais avoir beaucoup appris en terme d'expressions jargonnantes, dans les réunions diverses (récemment : un "apprécier l'autres dans sa mêmeté", qui m'a bien fait rire). Preuve que non.
J'apprécie pas trop les autres dans leur autreté, surtout quand ils exposent leur verbiage vaniteux et sociolectal, voire idiolectal.

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Lundi 8 décembre 2008
- Par Valérie

 

Ya pas que la Petite Fille qui a du mal à décrocher du concret....
J'ai eu il y a peu de temps une discussion avec Djodjo, concernant le sens de cette phrase :  "j'ai découvert que l'écriture rachetait le réel" (Milena Agust), lue sur un journal.
Djodjo, qui n'est pas très littéraire (c'est une gentille litote),  ne comprenait pas du tout-du tout le sens de cette expression. Les façons littéraires de parler  à travers les siècles sont pour elle surréalistes, et la plupart du temps le sens des textes lui échappe tellement il est écrit, selon elle,  de façon compliquée. 
Je lui explique alors que cela pourrait vouloir dire que l'écriture  donne une plus-value à une vie qui sans cela, n'aurait rien d'extraordinaire.
Djodjo  demande des explication sur la pertinence de l'emploi du verbe "racheter".
J'essaie d'adapter mon langage :
Moi : "le verbe racheter signifie qu'il y a un  delta entre la valeur normale et la valeur ajoutée par l'écriture".
Djodjo comprend encore moins et me dit :
" Delta = b2 - 4ac...  je ne vois pas le rapport".

Et là, c'est moi qui tombe dans la quatrième dimension...   
A quand des cours de littérature faits par des matheux, et vice versa ?
 

Un petit lien sur la  spécialité lyonnaise  du jour (8/12),  en plus calme.
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Jeudi 4 décembre 2008
- Par Valérie

Je me soucie actuellement de la vision de la Petite fille, qui écrit le nez collé à sa feuille et qui n'arrive pas à se relire.
- C'est peut être l'Hiver et l'obscurité précoce, désastreuse pour les rétinos.
- C'est peut être son écriture  dramatiquement grossière et illisible.
- C'est peut le commencement de la période durant laquelle le potentiel visuel devient un résidus encore exploitable, mais au prix d'efforts démesurés.
Toujours est il que que vraiment, j'ai mal quand je la vois lire.  
Je trouve que sa déficience visuelle n'est pas tellement prise en compte dan sa scolarité . Ni son handicap autisme du reste, quoiqu'il y ait des progrès, je le pense et le souhaite, dans la façon dont elle est perçue, du moins chez certains.
Son comportement doit être  difficile à comprendre et à cerner, qu'est ce qui relève de la DV, de l'autisme ?...
Elle ne possède absolument aucun filtre d'autocensure et de ce fait, ne s'interdit rien que sa logique, ses apprentissages ou sa perception ne lui interdisent de faire.
Au milieu des autres, on la repère facilement à son air perdu et consterné, ou bien perdu et ravi, ou bien perdu et anxieux mais bon, perdu de toute façon.
Comme j'ai, moi, énormément d'empathie, je me mets  à la place des autres qui  doivent la trouver, selon les moments : "lourde", "spèce", "gogol", étonnante ou plus simplement, et comme disent l'Outlaw et Djojo,  chiante.
Et je me dis, en la voyant revenir soir après soir souriante, pas trop stressée, prête à faire ses devoirs, à se plier à de nouvelles règles, à comprendre des leçons, à me parler brièvement des profs et des élèves, que son manque d'acuité sociale ou cognitive est une bénédiction parfois... Car je ne pense pas qu'elle ressente le désarroi, l'impatience la lassitude ou l'hostilité des gens qui l'entourent ; ce sont des émotions qu'elle ignore superbement.
Quand même,  on sent poindre quelques petits blocages : nous nous promenions dimanche dernier pas loin du Centre de Calcul, questions :
- "est ce qu'au Centre de Calcul on fait du français ?"
je lui réponds que non (ça doit meêm être le cadet de leur soucis !)
- "est ce qu'ils font de l'Histoire ?"
je lui réponds que non plus.
- alors je veux aller travailler là.

Djojo, qui éprouve les même difficultés, à un degré moindre mais  néanmoins très ennuyeux, l'approuve totalement.

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