Mais des fois ça se passe bien !

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Dans mes montagnes en vacances je cotoie très souvent une jeune fille, grande amie de l'Outlaw et de Djodjo, qui est dyslexique et dont la scolarité fonctionne bien. Au primaire elle était dans une classe unique de 12 enfants, de la petite section au CM2. Elle a redoublé une classe primaire, et va passer maintenant en 3ème. Des matières ne lui sont pas obligatoires, d'autres sérieusement adatées, voire dégraissées, et d'autres supprimées. Elle a un ordinateur portable, et ce depuis le primaire.
 Elle vit dans un hameau très isolé (sans possibilité d'ADSL pour les 10 ans qui viennent je suppose...). Le téléphone portable vient tout juste d'y arriver. On n'a pas encore franchement un pied dans le XXI° siècle là bas, et les gens ne semblent pas s'en  plaindre.
Je précise que je parle d'un coin très reculé d'une zone de campagne à très faible densite de population, où la loi 2005 est encore inconnue du vulgus pécum, où parler de l'inspection académique équivaut à parler de la lune. Et donc où les gens travaillant dans ces réseaux sont des martiens, du moins pour le public non éclairé dont font partie les parents de la jeune fille. Aucune condescendance de ma part, ces personnes éclairent ma route d'une manière bien plus vivante et chaleureuse que l'inspection académique de mon département.
Je suis à la fois admirative et envieuse du parcours scolaire de cette jeune fille dyslexique. Il semble avoir là du bon sens à revendre, un désir d'y arriver et des manières de faire que plus d'un habitant de très grandes villes de France envient, et, cerise sur le gâteau,  il n'y a pas de difficulté administrative particulière.
Dans son collège tout le monde trouve tout à fait normal et évident qu'on ne pénalise pas cette jeune fille pour ses très nombreuses fautes d'orthographes, de grammaire, de conjugaisons ou de sens qu'elle fait à l'oral comme à l'écrit, ni pour son incompréhension de certains cours de mathématiques, pour sa difficulté à appréhender une langue vivante, ou même un texte de français niveau 3ème. La notation non plus ne semble pas poser problème... 
Sans rentrer dans les détails grotesques qui ponctuent notre vie depuis quelques années,  on ne m'a pas habituée à cela.
Je suis émerveillée, tout en m'efforçant de n'établir aucun comparatif, car il est vrai que les handicaps de cette jeune fille et de ma fille ne sont pas comparables, le sien étant plus léger, et infiniment moins difficile à compenser.
MAIS : moi je pensais bêtement que plus le handicap est lourd, plus le pilonnage d'efforts et de  bonne volonté mis sur le terrain pour le compenser devra être massif.
La vérité bête et plate est que non.
Le handicap, ce sont des batons qu'on ajoute  au fur et à mesure dans les roues...
Ou, dit autrement, il y a certains handicaps évalués comme "valant le coup" (et le coût), et d'autres, non.
Bien penser à préciser que la loi 2005 n'est évidente que pour ces handicaps là. 

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Cécile 05/09/2009 09:37

en fait, plus on est handicapé, plus il nous est rajouté de poid ... on en demande bien plus aà une personne avec handicap qu'à une autre..

08/09/2009 19:50


c'est EXACTEMENT ça !


Plouf_le_loup 05/09/2009 08:42

Ah comme tu as raison, malheureusement !! Ca marche pas partout à la même vitesse, et les lois qu'on croit faites pour son en fait des béquilles de roseau...Mon superkrapou n'a pas un handicap aussi évident que ton infante offensée, mais en grandissant, il devient de plus en plus évident et handicapant (car ce qui pouvait passer pour des incapacités de l'âge, même un peu tardivement, ne passe plus...), et l'encadrement lui fait de moins en moins de cadeaux, même si on croise des bonnes volontés énormes et évidentes, le système bloque complètement.

08/09/2009 19:50


tu as tout à fait raison, ce qui passe à 7 ans, ne passe plus à 12...  les gens ne comprennent plus !


KRISS 01/09/2009 08:34

Bien rentrée de vacances ??? dans les starting blocs ???? Dans 2 jours tu vas regretter ta capagne à faible densité de population

08/09/2009 19:48


eys !