Peur pour, avec, sans et à côté d'elle

Publié le par iéloseubmarine

einstein-cosmonaute.gifLonesom'Girl veut souvent se promener avec moi en ville.

Son but ? me montrer qu'elle peut y aller seule.

Ses arguments : je sais comment traverser avec ma télécommande de feux sonores - je sais comment traverser sans - je sais me repérer en ville - dans le métro - dans le bus.

Ergo : je peux y aller seule.

J'essaie de lui faire comprendre que j'ai confiance en elle,  mais pas en tout le reste. Bref, que j'ai peur.

- Tu as peur de quoi ? me demande t'elle

c'est très simple :

.Aujourd'hui, sur une vingtaine de feux sonores, 11 ne marchaient pas, sur des grandes avenues à 4 et à 2 voies, et pas dans des quartiers paumés.

.Ses traversées de foules sont encore trop timorées ou trop percutantes pour les biffins qui marchent en comptant leurs pieds.

.Les arrêts de bus sont parfois des lieux à haut risque .

- Moi, je n'ai pas peur, me dit elle.

Et moi j'ai peur pour 2.

 

Je repense à "j'aime avoir peur avoir toi", le  très joli livre aux éditions du Seuil écrit par Catherine Chaîne, maman d’une magnifique jeune fille trisomique.
"Quand je te regarde vivre, aujourd’hui, je n’arrive plus à comprendre la terreur archaïque qui m’a saisie à l’annonce de ton handicap."

Ou encore :

"Dès aujourd'hui je peux te dire ce que la Belle ne déclare à la Bête qu'à la fin du conte : "J'aime avoir peur avec vous." Oui, quelle que soit la couleur du jour, tremblante ou assurée, je peux te dire moi aussi : "J'aime avoir peur avec toi".

 

Et bin moi je n'aime pas avoir peur avec elle, je n'aime pas avoir peur sans elle, je n'aime pas avoir peur à côté d'elle, je n'aime pas avoir peur pour elle. cocc10.gif

Publié dans Elle

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