MDR

Publié le par iéloseubmarine

einstein-hyppie.gif"Animé par la volonté d'être plus proche des citoyens pour proposer des services de proximité, le Département a créé dans [mon canton] un point d'accueil qui a pour mission  de gérer tous les domaines relevant des compétences départementales"... cet endroit merveilleux et accueillant se nomme ma MDR. Je n'y vais pas souvent, mais à chaque fois que je dois m’y rendre j’en reviens avec, comment dire, toujours quelque chose à raconter.   

La dernière fois, c’était il y a environ un mois... Je devais y déposer le dossier scolaire de ma fille, en vue des renouvellements divers et variés des adaptations et compensions  dont elle bénéficie. J’y suis allée un matin de soleil radieux avec mon chien pour faire d’une corvée une ballade.

Coup de chance, la personne dédiée au dossier handicap était là. (Oui, Parce que la personne au standard ne sait absolument pas de quoi je parle quand je prononce les mots Gevasco, PPS ou hadicap et par conséquent n’est d’aucune aide : je peux sentir un vent de panique souffler dans l'hygiaphone à l'énoncé de ces simples mots. Sa tâche se résume, me concernant, à m'orienter vers le collègue dont les synapses auront une connexion à l'écoute de ces mots. Mais qui, pas de chance, n’est pas là mais sera là demain. S’il fait beau, si le vent souffle d’ouest).

Ce jour là mes propres synapses ont vibré : le collègue était là...coc20.gif 

Nous rentrons donc, mon chien et moi. La personne de la réception parle à mon chien qui adore ça et qui frétille pendant que j’attends. Le responsable arrive rapidement et a un hoquet d'horreur en voyant mon chien, qui frétille toujours et attends  que celui là aussi lui parle.

- « madame, votre chien n’a pas le droit d’être ici, c’est contraire au règlement »

- « Pas de problème, réponds-je, je vais l’attacher juste là, dehors ».

- « madame, continue t’il, vous ne pouvez pas l’attacher à l’entrée, c’est contraire au règlement aussi, il ne doit pas être au contact des éventuels usagers ».

- « ah  bon. Ecourez,  je fais ce que vous voulez, je l’emmène où je le laisse, dites-moi ».

- « je ne sais pas Madame ».

Je commence à me dire que je suis tombé sur le modèle à découper au pointillé de l'employé  en plein excédant de zèle modèle 

- « je ne veux pas agir contrairement au règlement, vous savez, je peux aller l’attacher plus loin »

- « Très bonne idée Madame, comme ça il ne gênera pas les usagers ».

(aucun usager au standard, ce jour là, ni dans les couloirs ni dans les bureaux, rien, personne). J’exile mon chien, je ne l’impose jamais et qu'il déchiquète leur pneux, pisse sur leurs gentes et se fasse les dents sur leur garde boue.

Et je rentre dans le bureau du gestionnaire des dossiers. Le mien est complet, je l’ai vérifié 50 fois.

-«  il manque une carte d’identité » dit-il 

- « non, regardez bien, il y a la photocopie".

Ma photocopieuse à la manie d’imprimer les carte d’identité en A4 en prenant toute la page, et ça pose problème car ce n’est pas le format habituel. J’essaie de décoincer la situation en lui disant que de toute façon, la photocopie de ma carte ils l’ont déjà en 12 exemplaires puisque je l'ai envoyée au moins 12 fois. Il me regarde en murmurant, les paupières lourdes du poids des erreurs, des oublis et de la mauvaise volonté des usagers  :

- « Madame si vous saviez »

Il se trouve que je sais parfaitement le poids de ces paperasseries inutiles, il doit le voir dans mon regard et n’insiste pas. Je lui demande ensuite avec le sourire (La femme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtoise,) si telle pièce du dossier est  à fournir en même temps. Et là, il me répond...

- « JE NE SAIS PAS ».

Ça m’a laissée rêveuse... coc7-copie-1.gifce monsieur sait quel règlement interdit à mon chien d’être à l’intérieur, quel règlement définit le périmètre à l’extérieur duquel mon chien doit rester, et il ne sait pas si telle pièce doit être ajoutée, ou non, à un dossier de demande de compensation de handicap...  

On m'aurait menti ? Ce point d'accueil n'est pas le havre de fraternité et de compréhension décrit plus haut.

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