questions existentielles


Mardi 27 octobre 2009
- Par Anonyme



Des résultats pas toujours heureux au collège, des bonnes notes aussi, mais des sacrés râteaux... Le travail s'intensifie... Enfin, pas vraiment le travail, mais surtout la pression, cette foutue pression scolaire... Ma responsabilité
de parent  est telle que la pression est pour moi.
Et face à un professeur qui constate que "l'écart se creuse", jai vraiment envie d'être méchante et de demander
" la faute à qui ?".
Pas la mienne en tout cas. Grâce au ciel (ou à qui vous voudrez), et jusqu'à quand, ma fille va au collège avec bonheur.
Mais elle n'y va pas avec dignité. C'est pas l'envie qui me manque de pointer ici tout ce qui n'est pas mis en action autour d'elle pour compenser ses handicaps.
Je suis actuellement la seule personne active concernant l'adaption scolaire de ma fille, et quand je m'adresse aux décideurs, j'ai l'impression de faire des demandes hystériques et incohérentes. Tout le monde se refile la patate chaude en regardant ailleurs, moi seule  reste sur le pont à l'observer pour agir au mieux.
Et je sais que mes demandes vont bientôt être qualifiées de "demandes excessives", puis transformées en "déni du handicap", et ça me parait être une manière tellement commode de ne pas répondre  à ces demandes, justement.
Bref, je suis actuellement vachement pessimiste et en train de réaliser  que nous serons seuls tout au long de la scolarité de notre fille autiste et malvoyante. Jusqu'à ce que nous décidions d'abandonner, faute de temps, de moyens et de compréhension. 
Et là bien évidemment, il se trouvera toujours quelqu'un pour nous proposer des tas de solutions... 

et ne me demandez surtout pas pourquoi ce texte est sur fond noir, je n'en sais rien du tout... j'ai réussi non sans mal à le sélectionner pour qu'il apparaisse blanc sur noir, mes compétences s'arrêtent là... de même que la fonction répondre qui s'en va et qui revient
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Lundi 19 octobre 2009
- Par ieloseubmarine

Parce que oui, figurez vous que je suis pistonnée : j'ai une belle soeur et elle est  modo à overblog, nananèreu.
Car même si l'interface de mon blog est faite pour les sous doués informatiques de ma catégorie, je bourrine parfois sur des trucs (les dernier en date : plus de photo d'entrée, plus de commentaires) et  heureusement que ma belle soeur est une geek.
Ma moitié aussi, mais les configuration bloguesques ne le motivent pas, ce n'est pas l'internet qui coule dans ses veines mais du hard ware pur, pourvu que ce ne soit pas dans le code génétique de nos enfants. 
  
Gloups, mes serveurs se sont éteints ! C'est la façon qu'a Dieu de dire: sors !
(me and my moitiée).

Une chose est certaine, et c'est dommage, la littérature n'est pas dans le code génétique de nos 3 filles. Je suis une littéraire, j'aime les textes,  les choisir, les lire, les relire, suivre la pensée de machin ou truc et comprendre son raisonnement, le faire comprendre et aller ou l'auteur veut qu'on aille.
Je suis de ce fait à chaque fois ébahie par la difficulté qu'elles ont dans les matières littéraires. J'arrive bien à l'admettre pour l'Infante Offensée, mais quand je vois l'Outlaw s'évanouir d'ennui sur n'importe quel auteur entre XVII° et  XXI ° siècle (avant, elle ne connait pas, après  elle ne connait que les mangas), ou refuser carrément de lire un texte de sciences économique de plus de 10 lignes et 20 mots inconnus,  quand je vois Djodjo l'angoisse se noyer dans la philosophie programme de terminale S (1er DS hyperdémotivant pour elle  sur la conscience de soi, un concept qu'elle n'imaginait même pas), quand je les vois toutes deux entamer un bouquin de 400 pages le soir à 18h passki- faut-l'avoir-fini-pour-demain... je me dis que le gène littéraire n'est pas transmissible de fille à filles.
Tout revers a sa médaille : elles n'ont jamais eu  besoin de moi en maths (et heureusement, car I am just beginning le programme de 5ème).  
Autre revers sympa, tous 3, l'Outlaw  Djojo et ma moitié arrivent beaucoup mieux  à rentrer dans l'univers mental de l'Infante offensée que moi dans l'univers mathématique.
J'ai une autre belle soeur... peut être va elle me dépanner en maths ?

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Lundi 31 août 2009
- Par Anonyme

Dans mes montagnes en vacances je cotoie très souvent une jeune fille, grande amie de l'Outlaw et de Djodjo, qui est dyslexique et dont la scolarité fonctionne bien. Au primaire elle était dans une classe unique de 12 enfants, de la petite section au CM2. Elle a redoublé une classe primaire, et va passer maintenant en 3ème. Des matières ne lui sont pas obligatoires, d'autres sérieusement adatées, voire dégraissées, et d'autres supprimées. Elle a un ordinateur portable, et ce depuis le primaire.
 Elle vit dans un hameau très isolé (sans possibilité d'ADSL pour les 10 ans qui viennent je suppose...). Le téléphone portable vient tout juste d'y arriver. On n'a pas encore franchement un pied dans le XXI° siècle là bas, et les gens ne semblent pas s'en  plaindre.
Je précise que je parle d'un coin très reculé d'une zone de campagne à très faible densite de population, où la loi 2005 est encore inconnue du vulgus pécum, où parler de l'inspection académique équivaut à parler de la lune. Et donc où les gens travaillant dans ces réseaux sont des martiens, du moins pour le public non éclairé dont font partie les parents de la jeune fille. Aucune condescendance de ma part, ces personnes éclairent ma route d'une manière bien plus vivante et chaleureuse que l'inspection académique de mon département.
Je suis à la fois admirative et envieuse du parcours scolaire de cette jeune fille dyslexique. Il semble avoir là du bon sens à revendre, un désir d'y arriver et des manières de faire que plus d'un habitant de très grandes villes de France envient, et, cerise sur le gâteau,  il n'y a pas de difficulté administrative particulière.
Dans son collège tout le monde trouve tout à fait normal et évident qu'on ne pénalise pas cette jeune fille pour ses très nombreuses fautes d'orthographes, de grammaire, de conjugaisons ou de sens qu'elle fait à l'oral comme à l'écrit, ni pour son incompréhension de certains cours de mathématiques, pour sa difficulté à appréhender une langue vivante, ou même un texte de français niveau 3ème. La notation non plus ne semble pas poser problème... 
Sans rentrer dans les détails grotesques qui ponctuent notre vie depuis quelques années,  on ne m'a pas habituée à cela.
Je suis émerveillée, tout en m'efforçant de n'établir aucun comparatif, car il est vrai que les handicaps de cette jeune fille et de ma fille ne sont pas comparables, le sien étant plus léger, et infiniment moins difficile à compenser.
MAIS : moi je pensais bêtement que plus le handicap est lourd, plus le pilonnage d'efforts et de  bonne volonté mis sur le terrain pour le compenser devra être massif.
La vérité bête et plate est que non.
Le handicap, ce sont des batons qu'on ajoute  au fur et à mesure dans les roues...
Ou, dit autrement, il y a certains handicaps évalués comme "valant le coup" (et le coût), et d'autres, non.
Bien penser à préciser que la loi 2005 n'est évidente que pour ces handicaps là. 

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Mercredi 29 juillet 2009
- Par ieloseubmarine

Lu souvent dans les exercices de l'Infante Offensé  l'expression  "a vue d'oeil" :
"Donne à vue d'oeil le segment le plus long"
"Nomme à vue d'oeil l'angle obtus"...
"à vue d'oeil les points sont-ils équidistants ?"
Je m'étais rendue compte dans l'année que cette
 locution l'agaçait considérablement...
J'aurais plutôt pensé la voir  sourire, comme  à chaque fois que je lui explique une métaphore et qu'elle arrive à la comprendre (ce qui n'est pas fréquent). Mais ce qui touche à sa vue la fait rarement sourire, je la comprends.
Si on réfléchit,  "a vue d'oeil"  est redondant est inutile... J'ai retrouvé un exo, avec cette consigne, sur lequelle elle avait fait un énorme gribouillis puis marqué, de sa grosse écriture maladroite  : "Je ne vois pas bien avec mes yeux".
Par chance en maths, il y avait en 6ème  des schéma, de l'écrit et du concret pour appuyer un raisonnement,  elle arrivait donc à se raccrocher aux branches.
Imaginez ses doutes sur notre santé mentale lorsqu'elle elle entend  : "à vue de nez il est midi", "bois un verre" ... Connaissant ma fille, elle ferme les écoutilles et se dit que les gens sont incompréhensibles et qu'il ne faut pas les contrarier et que ça va passer.
Les professeurs pratiquant des cours  basés sur l'oral  ont dû lui sembler des personnes incompréhensibles à qui il fallait  donner des occasions de parler clairement et d'employer du vocabulaire concret et compréhensible, genre "reste tranquille", "donne moi ton cahier de liaison", "tais toi", "tu ne dois pas faire ça"...  (d'où ses problèmes de comportement, si vous voulez mon avis)....

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Dimanche 5 juillet 2009
- Par ieloseubmarine

Il y a 5 mois environs j'envoyais mon dossier de renouvellement de :  carte d'invalidité/allocations enfant handicapé/taxi/AVS/matériel adapté, à la Emdépéhache (un envoi massif allait, j'en  étais certaine, rendre la réponse plus rapide).
J'ai reçu des avis de renouvellement  par paquets unitaires, et oui, pour ceux que ça inquiète, tout est renouvelé, mais je n'ai rien reçu concernant un AVS...
Je me demande pourquoi ça prend autant de temps étant donné que RIEN ne change au niveau des réponses, même si mes demandes sont de plus en plus pointues, précises et renseignées. 
Cela dit, tout n'est pas encore au point :
- La carte d'invalidité précédente portait la mention canne blanche, la nouvelle carte, pour laquelle j'ai  ajouté l'autisme à la malvoyance, n'a plus de mention canne blanche, c'est miraculeux le passage en Emdépéhache, ça vous rendrait presque valide.
- Il semblerait que malgré tout le soin et le professionalisme que j'y mets, un truc importantissime manque : la notification de  prise en charge à 100% des frais liés à l'autisme. Je dois donc me èmédépéacher de faire ça aussi si je veux que mon enfant puisse bénéficier d'un dispositif de soutien à l'intégration.  Mon médecin généraliste, qui ne connait pas grand chose à la question,  m'a bien aidée, merci à lui (Il semblerait que les dispositifs spécialisés ne puissent pas le faire, et au passage, je ne les remercie pas). 
- La Caisse d'allocation qui doit me verser cette généreuse rente me demande pour la 20ème  fois si mon nom est toujours le même,  si j'habite bien à l'adresse indiquée, si mes enfants sont toujours nés aux même dates, s'ils ont  le même nom qu'avant et les même parents, si le papa de l'Infante est toujours là et si mon numéro d'allocataire  n'a pas changé.
... Dans quel siècle vivent nos Caisse d'Allocations ? ...
... Leur fournit-on des ordinateurs...?
... Le turn over est il  tellement important qu'il faille répéter ces trucs là chaque année.... ?
... Où gardent ils toutes ces paperasses ?...
... Ont ils réellement envie qu'un dossier aille vite et bien et droit au but ....?
Telles sont les questions qui m'abattent chaque année...
- HORREUR absolue, je viens de m'apercevoir que je n'ai pas fait la demande de calculatrice adaptée, il faut que je me èmdépéhache  de trouver un biais.
- Et le comble, c'est que je dois refaire tout ça dans moins d'un an, car défois que mon enfant devienne miraculeusement valide et normale en 8 mois, faudrait pas que l'Etat se montre dispendieux à son égard pour rien.

Je veux bien croire que les personnes qui travaillent à la Emdépéhache soient surchargés de travail... Mais honnêtement : un dossier comme le mien, clair, évident et renseigné aux petits oignons, pas besoin de passer 2 heures dessus... Et on est beaucoup à les remplir correctement...

Bon, c'est juste une remarque, hein, mais est ce que ça serait-y pas une des  conséquences de la moulinette administrative, qui autoentretient son retard , ses lenteurs et ses hésitations  chroniquement chronophage ... ?




Je plaisante, mais devoir chaque année redire et reécrire  que son enfant à toujours ses  handicaps, qu'il n'en guérira pas et devoir en plus énumérer ses incapacités à chaque demande, voilà qui remet rapidement la tête sous l'eau à un parent qui tente de ne pas boire la tasse.
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