Mardi 27 octobre 2009
- Par Anonyme



Des résultats pas toujours heureux au collège, des bonnes notes aussi, mais des sacrés râteaux... Le travail s'intensifie... Enfin, pas vraiment le travail, mais surtout la pression, cette foutue pression scolaire... Ma responsabilité
de parent  est telle que la pression est pour moi.
Et face à un professeur qui constate que "l'écart se creuse", jai vraiment envie d'être méchante et de demander
" la faute à qui ?".
Pas la mienne en tout cas. Grâce au ciel (ou à qui vous voudrez), et jusqu'à quand, ma fille va au collège avec bonheur.
Mais elle n'y va pas avec dignité. C'est pas l'envie qui me manque de pointer ici tout ce qui n'est pas mis en action autour d'elle pour compenser ses handicaps.
Je suis actuellement la seule personne active concernant l'adaption scolaire de ma fille, et quand je m'adresse aux décideurs, j'ai l'impression de faire des demandes hystériques et incohérentes. Tout le monde se refile la patate chaude en regardant ailleurs, moi seule  reste sur le pont à l'observer pour agir au mieux.
Et je sais que mes demandes vont bientôt être qualifiées de "demandes excessives", puis transformées en "déni du handicap", et ça me parait être une manière tellement commode de ne pas répondre  à ces demandes, justement.
Bref, je suis actuellement vachement pessimiste et en train de réaliser  que nous serons seuls tout au long de la scolarité de notre fille autiste et malvoyante. Jusqu'à ce que nous décidions d'abandonner, faute de temps, de moyens et de compréhension. 
Et là bien évidemment, il se trouvera toujours quelqu'un pour nous proposer des tas de solutions... 

et ne me demandez surtout pas pourquoi ce texte est sur fond noir, je n'en sais rien du tout... j'ai réussi non sans mal à le sélectionner pour qu'il apparaisse blanc sur noir, mes compétences s'arrêtent là... de même que la fonction répondre qui s'en va et qui revient
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Jeudi 22 octobre 2009
- Par Anonyme

Je revenais du piano en voiture avec l'Infante Offensée.
Un homme d'une trentaine d'année

tanguait au volant de sa voiture, faisait ronfler son moteur et hurler sa voix (ou le contraire) et zigzaguait devant moi.
Je décide de le doubler, préférant avoir un  véhicule dangeureux derrière moi  plutôt que devant : il freinait à contretemps et visiblement avait un problème de coordination sans doute du  à la boisson, à des pillule,  à une cigarette magique, ou encore plus vraisemblablement à un excès conjugué des trois.
J'ai du vexer ce type, qui m'a rattrapée en hurlant des obscénités et s'est arrêté à ma droite.  Il était à moitiée hors de sa voiture, le torse projeté vers moi, une figure de nazi costaud un peu rouge, et même si j'avais prudemment fermé les vitres, ses propos  ne laissent aucun doute sur la manière dont il envisageait ses relations futures avec moi. Son visage, ses gestes et ses mimiques évoquaient vraiment le type furieux qui va passer à l'acte.
L'Infante Offensée a ouvert sa fenêtre  et lui a demandé en souriant :
- Qu'est ce que tu dis ?
Le type est resté bouche ouverte et immobile, l'air assez bête en fait, et moi j'ai séchement démarré pour me perdre dans la file des voitures.
Le déchiffrage de l'émotion colère avait pourtant l'air au point....
C'est juste l'autocalibrage face à cette émotion qui ne l'est pas, chez l'Infante
.

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Lundi 19 octobre 2009
- Par ieloseubmarine

Parce que oui, figurez vous que je suis pistonnée : j'ai une belle soeur et elle est  modo à overblog, nananèreu.
Car même si l'interface de mon blog est faite pour les sous doués informatiques de ma catégorie, je bourrine parfois sur des trucs (les dernier en date : plus de photo d'entrée, plus de commentaires) et  heureusement que ma belle soeur est une geek.
Ma moitié aussi, mais les configuration bloguesques ne le motivent pas, ce n'est pas l'internet qui coule dans ses veines mais du hard ware pur, pourvu que ce ne soit pas dans le code génétique de nos enfants. 
  
Gloups, mes serveurs se sont éteints ! C'est la façon qu'a Dieu de dire: sors !
(me and my moitiée).

Une chose est certaine, et c'est dommage, la littérature n'est pas dans le code génétique de nos 3 filles. Je suis une littéraire, j'aime les textes,  les choisir, les lire, les relire, suivre la pensée de machin ou truc et comprendre son raisonnement, le faire comprendre et aller ou l'auteur veut qu'on aille.
Je suis de ce fait à chaque fois ébahie par la difficulté qu'elles ont dans les matières littéraires. J'arrive bien à l'admettre pour l'Infante Offensée, mais quand je vois l'Outlaw s'évanouir d'ennui sur n'importe quel auteur entre XVII° et  XXI ° siècle (avant, elle ne connait pas, après  elle ne connait que les mangas), ou refuser carrément de lire un texte de sciences économique de plus de 10 lignes et 20 mots inconnus,  quand je vois Djodjo l'angoisse se noyer dans la philosophie programme de terminale S (1er DS hyperdémotivant pour elle  sur la conscience de soi, un concept qu'elle n'imaginait même pas), quand je les vois toutes deux entamer un bouquin de 400 pages le soir à 18h passki- faut-l'avoir-fini-pour-demain... je me dis que le gène littéraire n'est pas transmissible de fille à filles.
Tout revers a sa médaille : elles n'ont jamais eu  besoin de moi en maths (et heureusement, car I am just beginning le programme de 5ème).  
Autre revers sympa, tous 3, l'Outlaw  Djojo et ma moitié arrivent beaucoup mieux  à rentrer dans l'univers mental de l'Infante offensée que moi dans l'univers mathématique.
J'ai une autre belle soeur... peut être va elle me dépanner en maths ?

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Jeudi 8 octobre 2009
- Par ieloseubmarine

Et voilà, ça repart sur les chapeaux de roues après une rentrée petite vitesse, j'accumule déjà des retards d'adaptation... Je continue à apprendre autant de choses que l'infante offensée,  versant positif du fait que je suis le nez dans le guidon.
j'ai appris avec grand intérêt que le sulfate de cuivre anhydre (blanc) se transformait en sulfate de cuivre sulfate de cuivre hydraté (bleu pâle) suite à une rencontre avec de l'eau. L'infante offensée a manifesté beaucup moins d'intérêt que moi, et pour cause : le sulfate de cuivre anhydre était sur une soucoupe blanche, et elle ne discrimine pas le bleu clair du blanc.
Lorsqu'est venu le temps de l'exercice (faire un schéma d'une photo de la mise en route de cette expérience) je crois bien qu'on a accédé au sommet de sa stupéfaction (et de la mienne) : elle n'est tout simplement pas en capacité de faire un schéma seule, et encore plus le  schéma d'une expérience qu'elle n'a absolument pas visualisée.
J'ai inventé l'audiodescription écrite (terme antinomique par définition mais Yes, I can do that aussi).
 J'ai noté dans "l'audiodescripttion écrite" que "les personnes qui n'était pas malvoyantes pouvoir voir la buée s'échapper dans le Becher", pas pu m'en empêcher et ça a bien fait rire l'Infante.
Vocabulaire de la BD, plongée - contre plongée - 1er et second plan...  avouez que ça reste très très ésotérique tous ces termes là pour une déficiente visuelle qui n'a pas de vision en relief, et d'ailleurs presque pas de vision du tout.   Et pourtant elle connaît ces termes sur le bout des doigts même si elle n'a pu les concrétiser : la BD agrandie ne l'était pas tant que ça et surtout n'avait pas les critères de lisibilité propres à ma fille. 
l'AVS a adapté une géniale carte d'Histoire, quel crâne d'oeuf osa pondre des textes  indiquant qu'ils ne doivent pas faire de pédagogie...


J'adore bosser avec Muse à fond, ça me donne une pêche incroyable, et particulièrement ce titre...
"they will not force us
they will stop degrading us
they will not control us
we will be victorious"
ça résonne, hein ?          
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Vendredi 18 septembre 2009
- Par Anonyme

Hier, fin d'après midi, réunion de classe.
- Nous apprîmes que nos enfant allaient entrer en littérature, (aïe, j'espère que ça ne fera pas trop mal à ma fille et au prof...). A une maman qui demandait si grammaire, conjugaison, orthographe étaient encore au programme, le professeur répondit que la prunelle de nos yeux  allait dorénavant se plier aux exigences de la langue et savoir communiquer. Si seulement.  La maman essaya faiblement de pointer qu'à son avis il existait certaines exigences à satisfaire avant de prendre le voile en littérature, mais le train des programmes est en marche, on va pas s'arrêter sur des détails, en avant, sabre au clair et fleur au fusil. J'ai donc pu annoncer à l'Infante offensée qu'elle allait pouvoir parler de l'imparfait du subjonctif. Je n'appellerais pas ça communiquer, mais qu'importe le flacon.
- Nous apprîmes que  la classe était moins difficile à gérer que l'année dernière (c'est une classe extrêmement hétéroclite) :  à un parent qui demandait si l'ambiance s'améliorait, le professeur répondit : "nettement. L'année dernière, c'était Beyrouth ".
- Nous apprîmes que la classe avait un niveau très faible en anglais, que le professeur n'arriverait sans dout pas à finir le programme, qu'il allait passer et repasser la charrue  sur les fondamentaux et qu'en 4ème la moitié de la classe ne suivrait pas.
Ce genre de propos assenés en début d'année ne m'abat plus : je suis si loin de la normalité qu'elle n'est pas du tout ce que je vise pour mon enfant autiste et DV. Mais j'ai vu  les autres parents dont l'horizon plus ou moins lointain est la norme  s'affaisser petit à petit sur les bureaux de nos chères têtes blondes.
- Le professeur de musique nous apprit que les programmes éducatifs nationaux leur imposaient de faire le  cours en lien avec le français ( 1er trimestre c'est Moyen Age), et l'histoire (cette année, ça commence par l'Empire Byzantin). C'est à dire la musique orthodoxe grecque, et Ars Nova et Ars Subtilior d'une part et chants grégoriens d'autre part. Elle nous confiait en même temps que la rentrée fut rude pour elle avec cette classe, et que jamais elle ne rencontra autant d'hostilité (en gros pour elle c'est Kaboul). Quelques parents firent le lien (ou plutôt l'absence de lien) entre le programme et les goûts musicaux des préados et ados assoiffés de rap et de slam (parait-il). Pour l'Infante offensée, peu importe le siècle, quand la musique est bonne (bonne, bonne) et le son, juste.
- Nous apprîmes que le professeur de SVT ne forçait jamais un enfant à regarder les dissections. Comme il sera question cette année de coeurs de dinde (rouge sur rose) ou de dissection de grenouilles (blanc sur beige), je n'ai pas osé  demandé de passer aux coeurs de boeuf teintés et aux muscles de   lézards géants colorisés.  Mes capacités en dessins étant assez minces, et  les photos du livre agrandi pas terribles, tout ça va devenir assez complexe.
 - Nous apprîmes que cette année le projet de classe porterait sur l'analyse d'images et d'images mobiles, ce qui apparemment ravira toute la classe  sauf une.
- Nous apprîmes qu'un petit contrôle de maths  avait eu lieu, dont l'Infante offensée n'a pas parlé...  Je l'interroge donc en rentrant :
- Et ce contrôle, tu as eu une une bonne ou une mauvaise note ?
- je ne sais pas
Effectivement, elle a eu 6,5/7, et aucun référentiel perso à propos de cette note... Je lui ai donc expliqué sa sgnification.
Le professeur de mathématiques a par ailleurs fait des recherches pour "émuler une calculatrice scientifique" pour ma fille.  Je l'ai chaudement remercié, même si je n'ai pas la moindre idée de ce que veut dire "émuler".  
- concernant l'épidémie de ce-que-vous-savez, j'ai eu beaucoup de mal à trouver un gel qui ne sente pas l'alcool à 90°, une odeur que l'Infante Offensée ne pas sentir sans partir en courant (et non, elle n'a pas été traumatisée par les hopitaux, c'est une joyeuse facette du fonctionnement des personnes autistes : l'hypersensibilité à certains sons, odeurs, sensations). La seule que j'ai trouvée sent... la citronelle. Je pense que le niveau du flacon va baisser très vite et qu'on n'a pas fini d'en entendre parler.

Je ne sais pas pour les autres parents, mais moi j'aime assez ces réunions  de rentrée : j'ai enfin des bribes d'informations sur les journées de ma fille, et je peux donc établir des liens, échaffauder des scénarii, contourner les problématiques, bref enlever un peu de  brouillard sur mon pare-brise avant et avancer doucement.

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